Guerre d'Algérie, commémorer une date historique

Plébiscitée, la date du 19 mars fait l'objet d'une proposition de loi en attente au Sénat.

le vendredi 18 mai 2012
 

Le dimanche 18 mars 1962, les accords étaient signés à Évian entre le gouvernement français et le FLN, mettant fin à dix années de guerre en Algérie et aux combats  du Maroc et de Tunisie. Le lendemain, lundi 19 Mars 1962 à 12 heures, le cessez-le-feu était proclamé par le général Ailleret, commandant en chef des forces françaises stationnées sur tout le territoire Algérien. Journée historique, marquant le cessez-le-feu officiel de la guerre d’Algérie, approuvé par 90,80 % des Françaises et des Français à l’occasion du référendum à l’initiative du général de Gaulle le 8 avril 1962.
Depuis 1963, sans prendre de position collective sur le déroulement de cette guerre ou de son dénouement, la Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, au Maroc et en Tunisie (FNACA), a pris la décision de choisir la date anniversaire de l’unique cessez-le-feu pour le réserver exclusivement au souvenir des 30 000 militaires français morts pour la plupart au printemps de leur vie, au souvenir des victimes civiles de cette guerre et de ces conflits.
Cette commémoration obtient le consensus de nos concitoyens qui se manifeste par la prise de position des élus locaux, départementaux, régionaux, nationaux et par les différents sondages réalisés par l’IFOP.
Les 347 934 anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie toujours rassemblés au sein de la seule association spécifique, et leurs familles, entendent faire respecter ce consensus, respecter donc la volonté de la grande majorité des Français qui se manifeste par :
- 20 756 communes (actuellement) sur 36 678 communes ont adopté un vœu en faveur de la commémoration du cessez-le-feu en Algérie, le 19 Mars 1962.
- 54 Conseils Généraux ont adopté un vœu dans le même sens.
- 11 Conseils Régionaux (Midi-Pyrénées, Aquitaine, Centre, Bretagne, Bourgogne, Rhône-Alpes, Limousin, Poitou-Charentes, Île-de-France, Auvergne, Champagne-Ardenne).
- 58% des députés ont adopté la proposition de loi (texte adopté numéro 762) délibéré en séance publique à Paris le 22 janvier 2002 relative à la reconnaissance du 19 mars comme journée nationale du souvenir et de recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. Cette proposition de loi comprend deux articles.
Article 1er
« La République française institue une journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc. »
Article 2
« Cette journée, ni fériée, ni chômée, est fixée au 19 mars, jour anniversaire du cessez-le-feu en Algérie. »
517 votants, 482 suffrages exprimés, majorité absolue 242. Pour l’adoption 278, contre 204. L’Assemblée nationale a adopté.
Transmise par le président de l’Assemblée nationale Raymond Forni, au président du Sénat, cette proposition de loi est toujours en attente au Sénat et ne demande qu’à « revivre » pour être débattue et votée, puis enfin promulguée.
Les différents sondages réalisés par l’institut de sondage « IFOP » dont le dernier en date du mois de janvier dernier dans lequel nous pouvons constater que 84 % personnes interrogées considèrent que la date du 19 mars, par référence au 19 mars 1962, cessez-le-feu officiel de la guerre d’Algérie est la date qui convient le mieux contre 13 % pour le 5 décembre par référence au 5 décembre 2002, date de l’inauguration du mémorial national par le président de la République Jacques Chirac. 3% ne se prononçant pas.
D’autre part, 4 864 lieux de mémoire portent dans les villes et villages, l’appellation de : « 19 mars 1962. Cessez le feu de la guerre d’Algérie »

l’auteur
Guy Darmanin

Président national de la FNACA.

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Rajkumar le vendredi 22 juin 2012
 

Lors de travaux de transformation du Front de Mer, le monument commémorant le cessez-le-feu en Algérie le 19 mars 1962 a été temporairement retiré. L'inscription qui doit figurer sur la stèle qui sera dressée en remplacement fait débat. La position constante du Comité Solidarité Algérie (CSA) et du Mouvement contre le Racisme et pour l'Amitié entre les Peuples (MRAP) de la région nazairienne est de saluer l'initiative prise par la municipalité nazairienne d'avoir érigé un monument et d'organiser la commémoration le 19 mars. La période actuelle où les initiatives de tous ordres libèrent la parole raciste et xénophobe, où la porte est grande ouverte à une révision de l'histoire et où la célébration de la colonisation exige toute notre vigilance. Il est nécessaire d'honorer la mémoire de toutes les victimes civiles et militaires, françaises et algériennes de cette guerre atroce faite au nom de la France mais qui fut en réalité une guerre pour maintenir un ordre colonial de 130 ans. Il n'est dès lors pas possible qu'il soit à la seule mémoire des 16 nazairiens, tués au combat. Il n'est pas non plus possible de considérer que ces tués au combat, victimes de cette guerre, sont morts pour la France. Le CSA et le MRAP saluent l'esprit d'ouverture et de responsabilité de la Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie qui s'est déclarée prête à revoir les précédentes propositions de texte et prennent acte des déclarations de M. le Maire de Saint-Nazaire qui a ré-ouvert la discussion.

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