La commémoration officielle du cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie en pleine campagne électorale s’est révélée bien embarrassante. Tout avait commencé de manière pour le moins maladroite par l’annonce en novembre 2011 du transfert des cendres du général Bigeard aux Invalides le 14 février 2012. Au mois de janvier dernier, l’historien Guy Pervillé, à qui avait été commandé pour le recueil 2012 des commémorations nationales le texte sur la « fin de la guerre d’Algérie », découvrait que celui-ci avait été sabré – pour ne pas dire censuré – et sa signature effacée du volume. Quant à l’exposition « Algérie, 1830-1962 », préparée pour le musée de l’Armée avec la collaboration de quelques-uns des meilleurs historiens de l’Algérie et qui n’hésite pas à faire une place aux violences de l’armée et à la torture, son ouverture a été repoussée du 26 mars au 16 mai – sans doute pour ne pas venir perturber l’élection présidentielle. Finalement, le 16 mars dernier le ministère de la Défense et des Anciens combattants a annoncé que l’État n’organiserait aucune commémoration nationale le 19 mars, une date qui, selon le communiqué « loin de réconcilier les mémoires […] les divise et ravive les plaies profonde d’une page [sic] douloureuse de l’histoire de la France ». Il semble que l’essentiel de la mission de l’ancien ambassadeur Hubert Colin de Verdière, nommé en octobre 2011 pour coordonner les actions liées en France au « cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie », ait été d’organiser le silence autour de cet anniversaire.