Collection ou tribunal

Drieu La Rochelle ne sent plus le soufre. Ses Oeuvres seront désormais éditées dans la collection de la Pléiade. Une consécration sans contestation ?

le dimanche 22 avril 2012
 

Drieu la Rochelle a-t-il sa place en Pléiade ? Si cette prestigieuse collection qui vient d’accueillir Marguerite Duras – employée au ministère des Colonies pendant la guerre – est une photographie retardée du paysage de la littérature française, alors Drieu y a sa place. Si la Pléiade est un tribunal de la bienséance, alors Drieu échappe au procès, puisqu’il s’est lui-même fait justice. S’il faut procéder à une épuration rétrospective, on devrait alors y inclure l’œuvre de l’ancien meilleur ami de Drieu, Louis Aragon, soutien pendant des décennies d’une idéologie qui a fait 40 millions de morts. Et puis ne faudrait-il pas à cette occasion désacraliser la Pléiade, qui n’est qu’une collection et non le Panthéon de la littérature ? De Drieu, j’aime à me rappeler l’époque des années 1920, lorsqu’il dédiait « L’homme couvert de femmes » à Aragon, tandis qu’Aragon lui dédiait « Le libertinage ». Ces deux-là, Pléiade ou pas, sont jumeaux pour l’éternité.

l’auteur
Marc Lambron

Écrivain et chroniqueur littéraire.

VOS COMMENTAIRES

Entrez les deux mots ci-dessous, avec ou sans espace. Les lettres ne sont pas sensibles à la casse.
Une difficulté pour lire ? Essayer un autre
 
L'Histoire Le Magazine Littéraire Historia La Recherche Le Quotidien de l'Art
Sophia Publications — © 2012, tous droits réservés.