La veuve de Louis-Ferdinand Céline, ainsi que son avocat et biographe de l’écrivain, font respecter sa volonté de ne pas rééditer ses textes antisémites. Mais à quoi bon, quand à l’étranger et sur internet ces mêmes textes sont disponibles ?
On ne peut laisser sous le boisseau un tiers de l’œuvre d’un écrivain d’une telle dimension, même si certains passages peuvent en inquiéter plus d'un... Le problème ? Non pas les livres mais les lecteurs.
Le 21 septembre a été publiée à Québec, sous le titre Écrits polémiques, une édition critique des pamphlets de Céline, produite par Régis Tettamanzi. Cet ouvrage, qui totalise 1 040 pages, dont un appareil critique d’environ 400 pages, comprend les trois principaux textes pamphlétaires de Céline : Bagatelles pour un massacre (1937), L’École des cadavres (1938), Les Beaux draps (1941), logiquement précédés de Mea culpa (1936), et complétés par trois textes plus brefs : Hommage à Zola (1933), À l’agité du bocal (1948) et Vive l’amnistie, Monsieur ! (1957).
Les pamphlets existent, ils circulent. Il est donc temps de les publier comme ils doivent l'être, avec les précautions nécessaires, accompagnés d'un appareil critique historique et littéraire. Cessons d'être hypocrites et de nous poser des questions absurdes.
Rien de tel qu’une « interdiction » pour accréditer le fait que ces livres cachent une vérité… Leur mise en vente, et leur accessibilité permettrait à tout à chacun de se faire enfin une opinion sur ces textes maudits. Mais pas n’importe comment. Avec un minimum de précautions.
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Mais bien sûr il faut les rééditer. Les faits sont là et irréfutables : ces pamphlets sont déjà disponibles pour tous. Les interdire n'a plus de sens. Vaut mieux les éditer dans la Pléiade, consciencieusement & scientifiquement préfacés & annotés. Bien comme il faut. Sans tarder.
Sauf erreur de ma part, Lucette Destouches vient de fêter ses 100 ans en juillet.