Quelle histoire au lycée ?

Alors que les lycéens viennent d'effectuer leur rentrée, se pose toujours la question du programme d'histoire en première. Mis en oeuvre depuis un an, il reste très controversé.

le lundi 10 septembre 2012
 

La rentrée 2011 a vu la mise en place de la réforme de l’enseignement de l’histoire-géographie au lycée général. L’épreuve au baccalauréat est désormais «anticipée», comme le français, et passée à la fin de la première, avec un programme intitulé «Questions sur le XXe siècle». Pour les filières S, scientifiques, l’histoire en terminale devient optionnelle.
Les professeurs d’histoire-géographie, mais également bon nombre de parents d’élèves s’inquiètent sur l’avenir de cet enseignement. Première critique : le programme de première en place depuis la rentrée 2011 est terriblement lourd. Cas aggravant : pour ne pas simplement répéter le programme de troisième, on l’a conçu sur un mode thématique. Du coup,  quasi impossible à traiter, en particulier la question sur « la guerre au XXe siècle » (16 à 17 h de cours) englobe tous les conflits depuis 1914 : les deux guerres mondiales, la guerre froide jusqu’aux «nouvelles conflictualités» (Sarajevo, guerre du Golfe, attentats du 11 septembre). Au risque de beaucoup de confusions et d’aplatissements (cf. L’Histoire mars 2012).
Deuxième critique : pour la rentrée 2012, l’option de 2 heures proposée en terminale S et qui devait compenser la disparition de l’enseignement obligatoire dans la filière scientifique. Or restrictions budgétaires oblige, nombre d’établissements risquent de ne pas pouvoir offrir cette option à leurs élèves, amenant la disparition de fait de l’histoire-géographie en terminale scientifique.
La réforme a pour but de renforcer les spécificités de chaque filière afin notamment de revaloriser la voie littéraire. Dans ce cadre, l’histoire en terminale L doit être abordée dans l’esprit d’études supérieures. «Le programme propose un éclairage des enjeux majeurs du monde actuel à partir du regard spécifique de l’historien», selon le Bulletin officiel du 13 octobre 2011.
Les promesses électorales battent leur plein. Rendez-vous à la rentrée prochaine !

l’auteur
Héloïse Kolebka

Rédactrice en chef adjointe au magazine L’Histoire.

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Vavon Benjamin le dimanche 17 février 2013
 

Etant moi même lycéen, en terminale, je considère que le programme d'Histoire est complètement sans intérêts pour la formation des futurs citoyens français. Pour des citoyens du "monde" peut-être. Je suis un passionné de notre Histoire de France, et je veux d'ailleurs m'orienter dans cette voie. Tout cela pour dire qu'à l'inverse de certains de mes camarades, je ne suis pas désintéressé par ce que l'on nous enseigne en cours d'Histoire. Je suis même exaspéré ! Premièrement, les chapitres sont effectivement larges, conséquents, de vrais puzzles. Deuxièmement, très peu de chapitres sont consacrés à notre histoire et les quelques "survivants" sont thématiques et chronologiques à la fois. De quoi se mélanger les pédales ! Enfin, ce sont les réformes. Comment-voulez vous que l'Histoire de France soit un lien entre les Français si elle n'est pas correctement voire pas du tout enseignée ? Je sais bien qu'en terminale, notre passé nationale doit être maîtrisé. Or je m'aperçois que ce n'est pas le cas pour beaucoup. J'ai eu l'occasion de jeter un oeil au programme des collégiens. Ma stupéfaction n'en a pas été atténuée. Le Moyen-Age, François Ier, Henri IV, Louis XIV, la Révolution Française, Napoléon Ier, la Restauration, le Second Empire et j'en passe, sont "bâclés". Alarmant donc, pour une France qui délaisse son histoire au profit de celle des autres civilisations. Nous ne sommes pas à une erreur près.

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