Quelle union de la gauche ?

Élu Président de la République, François Hollande devra composer avec ses alliés. Or les alliances au sein des gouvernements de gauche ont parfois tourné au rapport de forces.

le jeudi 03 mai 2012
 

L’union de la gauche, quelle union de la gauche ? François Hollande est le nouveau président de la République. En revanche, nul ne sait la manière dont s’agencera le futur gouvernement et la place que le nouveau locataire de l’Élysée fera à ses alliés (Front de gauche, Verts). En 1981, la situation semble alors plus claire : avant même la victoire de François Mitterrand, la nomination de ministres communistes constitue un scénario récurrent. Pendant l’entre-deux tours, le Comité central du PCF a appelé à voter sans ambiguïté pour le leader socialiste. Ce dernier, sitôt élu, reçoit Georges Marchais, le candidat communiste (crédité de 15% au premier tour). Un pacte de non-agression est entériné et après l’irruption d’une «vague rose» à l’Assemblée nationale (333 députés de gauche dont 262 socialistes), quatre représentants du PCF (Charles Fiterman, Anicet Le Pors, Jack Ralite, Marcel Rigout) entrent au gouvernement de Pierre Mauroy. Une expérience de trois ans : en 1984, quand François Mitterrand choisit Laurent Fabius comme nouveau Premier ministre, les communistes quittent le gouvernement.
Cet épisode constitue une étape supplémentaire dans l’histoire – compliquée – de l’union de la gauche. Depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, l’accélération de la guerre froide et la dislocation des empires coloniaux altèrent les relations entre les deux partis principaux, socialiste et communiste. L’élan du Front populaire reste une référence, presque un modèle : en 1936, l’alliance des différents mouvements, y compris les radicaux, porte Léon Blum au pouvoir. Mais son gouvernement démissionne un an plus tard : dans l’intervalle, les avancées sociales sont nombreuses (congés payés, semaine de 40 heures, conventions collectives…) mais la situation internationale, à commencer la guerre d’Espagne, génère des frictions. Dans un premier temps, Blum entend appuyer militairement le gouvernement républicain de Madrid. L’opposition des radicaux plus celle, à l’extérieur des frontières, de la Grande-Bretagne finit par l’en dissuader.
Dix ans plus tôt, le Cartel des gauches (1924-1926) dure un peu plus longtemps que le Front Populaire. Les partis nouent des accords, mais pas d’alliance : tandis que les députés communistes siègent dans l’opposition, la Section française de l’internationale ouvrière (SFIO), le socle du PS actuel, choisit le soutien au parti radical mais sans être associée au  gouvernement d’Édouard Herriot. Ce concept de «soutien sans participation» va traverser les époques. En 1926, le cartel des gauches se brise sur «le mur de l’argent», l’expression utilisée par Herriot pour désigner l’opposition des banques et du patronat à la moindre réforme.
C’est vrai à droite comme à gauche, les regroupements sont souvent très fragiles, malgré, dans certains cas, la densité du ciment idéologique. Formé en juin 1899, le cabinet de «défense républicaine» de Pierre Waldeck-Rousseau approche les trois ans, soit le plus long de la IIIe République. Ses convictions dreyfusardes servent de moteur. En 1902, ce gouvernement est prolongé par le Bloc des gauches, avant que les socialistes ne claquent la porte en 1904. Une rupture largement provoqué par le congrès de l’Internationale socialiste à Amsterdam, la même année, qui stigmatise toute expérience gouvernementale. Qui aurait pour effet d’altérer le poids de la lutte des classes.

l’auteur
Frédéric de Monicault

Journaliste pigiste à Historia.

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Justemonavis le mardi 05 juin 2012
 

Mais même notre FN est gauche, plutôt national-socialisme, et notre droiche moins libérale que les socialistes allemands. 90% des journalistes, les antennes TV, notre instruction nationale, notre justice, etc sont gauches parfois à l'extrème. Si seulement nous devenions pratiques, solidaires, équitables, . . . au lieu de ça nous avons une pensée unique, grand opium du peuple. Non, nous ne sommes ni libéraux, ni libérés, et probablement pas libérables. Dommage pour nos classes moyennes et d'en-bas, nous continuons à perdre par ces idéologies notre culture, nos productions, et notre ouverture d'esprit.
Enfin, c'est juste mon avis.

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Jean-Pierre BERTHET-LASTRAJOLI le mardi 05 juin 2012
 

On peut poser la même question pour la droite. Je suis intimement convaincu que, pour satisfaire des appuis et son aile gauche, le présent gouvernement va être effectivement victime de son idéologie. Comme Sarkozy avait été victime de son idéologie libérale durant un an.
L'idéologie est un élément néfaste pour un pays. J'ai le plaisir d'être conseiller municipal depuis 1995 et je m'honore d'avoir connu deux équipes composées de membres issus de différents horizons politiques.
Quand nous rentrions en réunion du conseil municipal, nous laissions chacun nos "casquettes" et étudions les problèmes sans préjugés, uniquement mus par la volonté farouche de trouver une solution à un problème, quitte à ce qu'elle ne colle pas avec nos convictions initiales profondes.
C'est pourquoi, depuis lors, je professe la plus tenace haine pour les idéologies de droite comme de gauche. Comme je déteste les promesses préélectorales. Promettre, c'est s'enfermer dans une logique qui va forcément ne pas correspondre à des réalités, à un moment ou un autre. Il ne faut promettre que ce qu'on peut tenir et ce qui a un sens dans une ligne générale, car chaque décision doit s'inscrire dans un tout cohérent.
L'erreur est un luxe qu'on ne peut plus se permettre.
Or, j'entends Hollande baser sa politique, tant française qu'européenne, sur la croissance. Or, Rocard a bien signalé que la croissance telle que nous l'avons connue en Europe ne sera plus, après que le siège de l'économie mondiale se fût déplacé vers l'Asie.
Donc, nos budgets doivent être faits avec l'idée que nous aurons des croissances autour de 1%. Or, ceux qui demandaient au gouvernement d'hier d'être réaliste refusent de l'être une fois parvenus au pouvoir.
Oui, les idéologies sont néfastes dans l'action quotidienne, même si on doit avoir un grand axe. L'idéologie ne fait que diviser les peuples, les familles. C'est un chancre de la société.
Je rêve d'un monde où l'on accepterait toutes les idées pourvu qu'elles soient bonnes.

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Jean Laporte le mercredi 16 mai 2012
 

Une autre manière de voir l'histoire de la gauche française et de ses expériences gouvernementales à partir du Front populaire est la suivante :
Le Front populaire va être tellement incertain en terme de politique étrangère qu'il va d'abord laisser le gouvernement légitime espagnol se faire démonter par les francistes. Puis, son manque de vision militaire va conduire au désastre de mai juin 1940. L'armée française, bien que commandée par des guignols, s'est battue. 300 000 morts peuvent regretter le défaut de prévision de ce gouvernement si généraux ! Puis, les socialistes vont garnir les rangs des collaborateurs avec l'occupant allemand, ... On connait la suite, ...
1981, François Mitterand, par son manque de compréhension du devenir de notre société, va renforcer les corps intermédiaires au contraire de ce qu'il avait toujours déclaré dans ses écrits antérieurs. Inflation de fonctionnaires, multiplication des élus territoriaux, 30 ans après, notre nation est à l'agonie dans un monde de marchand. Etouffée par le clientèlisme sauvage que Mitterand a planté dans notre pays.
2012, Monsieur Hollande prend le même chemin que ses prédecésseurs et s'apprête à vider la France du sang qui lui reste au profit des assureurs et des banquiers, les alliés traditionnels du monde socialiste.

Voici une autre lecture de la gauche au pouvoir. C'est une malédiction !!!

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